Qui es-tu Manu (Macron) ?

Cher Emmanuel,

tete-chauve-avec-point-d-39-interrogation_318-49294Tu permets que je te tutoie ? Certes on n’est pas camarades socialistes comme tu le revendiques si fièrement, mais je te vois tellement partout que je me permets cette familiarité.

Nous avons entendu ton nom 1 000 fois aujourd’hui puisque ça y est, les hypothèses dingues d’il y a quelques mois se sont confirmées. Nous avons entendu ton nom, l’entendrons encore davantage, et pourtant, je l’avoue humblement : je ne te connais pas, Emmanuel Macron. Je ne te comprends pas. Je reçois une dépêche AFP dès que tu ouvres la bouches, tu me spammes depuis que je suis allée sur ton site, j’ai même vu ta femme en maillot, mais je serais bien en peine d’expliquer ton projet pour la France, de percer la logique de ton parcours, ni définir tes goûts, et encore moins tes rêves pour nous la France. Je t’écoute, je te lis, mais au-delà de tous tes mots, je ne te comprends pas.

Et pourtant, pourtant je voudrais te connaître ! Mon opinion a évolué 100 fois depuis l’exaspération que j’ai ressentie à ta nomination. Un conseiller libéral, ex de Rotschild, c’est quoi ce délire ? Et puis très vite iI y a eu Gad, et le faux pas sur « l’illettrisme ». Sur le fond, tu avais sans doute raison. Sur la forme, il y a eu maladresse. Alors tu as fait ce que peu font : tu t’es excusé, très tôt et très clairement. Quand d’autres tergiversent et circonvoluent, tu as eu cette intelligence d’esprit (et de coeur?) d’accepter d’avoir blessé et de reconnaître une erreur. J’ai alors été favorablement surprise, intéressée.  Puis vint la loi Macron, dont j’avais décortiqué la première mouture ici. Je maintiens : ce texte aussi fourre-tout prêtait bien sûr à des remarques, mais tout ne justifiait pas les cries d’orfraie que l’on a entendus. Au final, des dispositions que je trouvais plutôt bien comme celles sur les notaires ont été considérablement assouplies, le travail du dimanche s’est dépassionné, les cars ne choquent pas l’éternelle fâchée de la SNCF que je suis. Mais il y eut la phrase sur les jeunes rêvant d’être milliardaires, l’histoire du costard ou les risettes avec ce vieux réac de De Villiers qui m’ont passablement énervée. Le story telling à coup de Paris Match que je trouve franchement ridicule. Ce Club Bourbon qui m’a plutôt laissé indifférente. Et pourtant, pourtant, quand j’écoute ce que tu dis sur l’espérance ou le vivre ensemble, je m’y reconnais tellement plus que dans notre Premier Ministre qui hystérise, clive, noircit tout ! Puis vient une interview dans Le Nouvel Obs avec quelques propositions balancées comme ça, sans fil directeur ni vraie explication, où je me dis que quand même, c’est pas très sérieux.

Bref, Emmanuel, tu m’énerves sans me repousser totalement, tu m’intrigues sans me faire adhérer. Clairement tu souffles le chaud puis le froid dans ma tête de militante de gauche désespérée pour 2017. Personne ne me donne envie, je suis déçue et fatiguée, mais pour autant sûre de ce que je ne veux pas. Ah, si seulement tu étais clair-et-nettement de gauche, tu me faciliterais la tâche ! Tu aurais participé à notre primaire, j’y aurais vu un peu plus clair… Mais voilà, ce n’est pas ton choix. Et je crois que je ne te connaîtrais finalement jamais.

 

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Commentaire

Qui es-tu Manu (Macron) ? — 4 commentaires

  1. Je n’aurais pas dit mieux, ça vallait le coup de reprendre la plume !

    Deux points qui retiennent mon attention : la complaisance des médias mainstream sur la candidature de Macron, qui dès les premiers jours de son mandat de ministre de l’économie, l’ont propulsé en présidentiable. Et son verbatim « ni de droite, ni de gauche », qui à mon avis ne signifie rien de bon sur son programme et ce en quoi il croit.

  2. J’étais tout gosse mais je me souviens du même engouement avec une presse lui tressant des lauriers à chaque instant. La presse disait même avec admiration qu’il faisait une campagne « à l’américaine ». Le gars était aussi inconsistant et on se demandait bien ce qu’il avait à proposer. On l’avait surnommé « Dents blanches » puisque c’était là son principal argument électoral. Et puis Jean Lecanuet s’est complètement dégonflé dans les urnes… et l’on a vu la mousse ne faisait pas grand chose.