Qui es-tu Manu (Macron) ?

Cher Emmanuel,

tete-chauve-avec-point-d-39-interrogation_318-49294Tu permets que je te tutoie ? Certes on n’est pas camarades socialistes comme tu le revendiques si fièrement, mais je te vois tellement partout que je me permets cette familiarité.

Nous avons entendu ton nom 1 000 fois aujourd’hui puisque ça y est, les hypothèses dingues d’il y a quelques mois se sont confirmées. Nous avons entendu ton nom, l’entendrons encore davantage, et pourtant, je l’avoue humblement : je ne te connais pas, Emmanuel Macron. Je ne te comprends pas. Je reçois une dépêche AFP dès que tu ouvres la bouches, tu me spammes depuis que je suis allée sur ton site, j’ai même vu ta femme en maillot, mais je serais bien en peine d’expliquer ton projet pour la France, de percer la logique de ton parcours, ni définir tes goûts, et encore moins tes rêves pour nous la France. Je t’écoute, je te lis, mais au-delà de tous tes mots, je ne te comprends pas.

Et pourtant, pourtant je voudrais te connaître ! Mon opinion a évolué 100 fois depuis l’exaspération que j’ai ressentie à ta nomination. Un conseiller libéral, ex de Rotschild, c’est quoi ce délire ? Et puis très vite iI y a eu Gad, et le faux pas sur « l’illettrisme ». Sur le fond, tu avais sans doute raison. Sur la forme, il y a eu maladresse. Alors tu as fait ce que peu font : tu t’es excusé, très tôt et très clairement. Quand d’autres tergiversent et circonvoluent, tu as eu cette intelligence d’esprit (et de coeur?) d’accepter d’avoir blessé et de reconnaître une erreur. J’ai alors été favorablement surprise, intéressée.  Puis vint la loi Macron, dont j’avais décortiqué la première mouture ici. Je maintiens : ce texte aussi fourre-tout prêtait bien sûr à des remarques, mais tout ne justifiait pas les cries d’orfraie que l’on a entendus. Au final, des dispositions que je trouvais plutôt bien comme celles sur les notaires ont été considérablement assouplies, le travail du dimanche s’est dépassionné, les cars ne choquent pas l’éternelle fâchée de la SNCF que je suis. Mais il y eut la phrase sur les jeunes rêvant d’être milliardaires, l’histoire du costard ou les risettes avec ce vieux réac de De Villiers qui m’ont passablement énervée. Le story telling à coup de Paris Match que je trouve franchement ridicule. Ce Club Bourbon qui m’a plutôt laissé indifférente. Et pourtant, pourtant, quand j’écoute ce que tu dis sur l’espérance ou le vivre ensemble, je m’y reconnais tellement plus que dans notre Premier Ministre qui hystérise, clive, noircit tout ! Puis vient une interview dans Le Nouvel Obs avec quelques propositions balancées comme ça, sans fil directeur ni vraie explication, où je me dis que quand même, c’est pas très sérieux.

Bref, Emmanuel, tu m’énerves sans me repousser totalement, tu m’intrigues sans me faire adhérer. Clairement tu souffles le chaud puis le froid dans ma tête de militante de gauche désespérée pour 2017. Personne ne me donne envie, je suis déçue et fatiguée, mais pour autant sûre de ce que je ne veux pas. Ah, si seulement tu étais clair-et-nettement de gauche, tu me faciliterais la tâche ! Tu aurais participé à notre primaire, j’y aurais vu un peu plus clair… Mais voilà, ce n’est pas ton choix. Et je crois que je ne te connaîtrais finalement jamais.

 

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Harcèlement en politique : généraliser n’est pas aider

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée par Libération au sujet d’une tribune commune, d’un appel de femmes du monde politique principalement, pour dénoncer le comportement des hommes dans ce milieu. Il faisait suite à celui des journalistes, paru dans le même journal il y a un an sur le sexisme. J’avais alors trouvé l’initiative intéressante, mais m’interrogeais du fait qu’aucun nom ne sorte, que tout était suggéré en laissant croire que les comportements rapportés pourraient être l’œuvre de n’importe qui car, oui, au fond, ce seraient tous les mêmes. Voyant que le sujet revenait avec le même état d’esprit (avant même l’affaire Baupin), je n’ai pas souhaité le signer. Le texte est ici, j’aurais finalement pu m’y associer puisqu’il soutient les femmes victimes de harcèlement qui osent parler. Mais demeure la crainte de participer à une espèce d’emballement qui me gêne d’autant plus qu’il ne durera une nouvelle fois que le temps qu’un autre sujet plus vendeur n’émerge (coucou le 49-3).

Hier c’est une chaîne info qui me demandait un contact pour raconter une ambiance, des événements qui se passeraient à l’Assemblée. Je n’ai pas pu donner suite. 8 ans de politique locale et 8 ans d’Assemblée et je devrais me sentir comme une extraterrestre à la lecture de certains témoignages : je n’ai jamais été la cible de blagues graveleuses, de SMS salaces, ni témoin de cette ambiance pesante qui empesterait les couloirs du Palais Bourbon ou de la moindre réunion, je n’ai jamais renoncé à m’habiller comme je veux et je me sens tellement moins épiée que dans le RER que je prends tous les jours…

Ma réflexion avait commencé après l’affaire DSK. Un député me demandait « Mais sincèrement, vous avez peur quand vous venez travailler ici ? » Sincèrement non. J’avais trouvé cette question saugrenue mais elle reflétait la vraie préoccupation de 95% des députés. Comment dire que eux ne sont pas comme ça sans sembler minimiser le comportement intolérable-et quoiqu’on en dise, souvent méconnu- de quelques autres ?

Oui, au fil des années j’ai indirectement entendu parler de cas de harcèlement. C’était chaque fois entre un député et sa collaboratrice, dans le cadre de la promiscuité et d’un rapport de sujétion qui font croire à l’un qu’il a tous les droits sur l’autre. Certains ont été portés devant la justice. Respecter les victimes, c’est ne pas faire croire que nous supportons vaillamment toutes la même chose depuis toujours, à tous les échelons, bref qu’il y aurait une fatalité à la violence sexuelle dans la politique. D’ailleurs si de tels agissements étaient la norme, pourquoi des femmes prendraient-elles la peine de parler ?

Je veux être claire : je suis absolument pour que les hommes (politiques, mais aussi tous les autres…) paient pour le moindre fait de harcèlement ; je n’imagine pas le courage qu’il faut aux femmes pour oser les dénoncer. Mais je suis résolument contre le fait que tous paient pour une minorité. Comme s’il fallait toujours tout simplifier, storyteller. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres je sens, je sais, que généraliser n’est pas aider.

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Ce que j’ai appris de la France loin d’elle

DSC07904Alors ça y est me revoilà. Pour ceux qui n’ont pas suivi, depuis l’année dernière j’ai fait ça. 8 mois loin de la France, moi qui ne l’avais jamais quittée plus de quelques semaines d’affilée. M’a-t-elle manqué ? Honnêtement, non. Il faut dire que tout ce que j’ai vécu lors de mon voyage était passionnant et pas plus cette fois-ci que les précédentes je n’ai ressenti le mal du pays. Cependant,  la voir depuis l’autre bout de la planète, pendant si longtemps, rencontrer des gens qui en parlent souvent sans y avoir mis un pied, a forcément fait évoluer mon regard sur elle.

Je me suis rappelée que la France, où qu’on soit dans le monde, ça le fait, et il faut en être fier. Difficile de sortir des clichés et les personnes rencontrées citent rarement une autre ville que Paris, mais il y a toujours un intérêt manifeste, un petit « je ne sais quoi » dans l’œil de l’autre qui s’allume à la simple évocation de ces 6 lettres. Au Japon, avoir un nom de commerce en français (même si souvent il ne veut rien dire) est du dernier chic. Nos pâtisseries sont souvent imitées -jamais égalées je vous rassure- la culture française encore bien présente, qu’il s’agisse du dernier Thomas Piketty ou des Misérables, joués en Amérique Latine comme à Brisbane.

J’ai malheureusement constaté qu’on ne capitalise pas sur ce rayonnement. Bien pire, la France semble se retirer de certaines parties du monde, s’effacer en tant que puissance mondiale.  Il y a 10-12 ans lors de mes premiers voyages, dès qu’on disait « France », du Maroc à Cuba, on nous répondait toujours « Jacques Chirac ! » avec un grand sourire. Cela a duré bien après qu’il soit remplacé, mais a disparu peu à peu. A part j’imagine en Afrique où nous ne sommes pas allés cette fois-ci, la France et la langue française s’estompent… Les alliances françaises ne sont parfois que des locaux vides ouverts de temps en temps ou de simples magasins de produits dérivés. En 8 mois nous avons eu seulement 3 fois accès à TV5monde et quelques fois à France 24 en anglais alors que nous avions presque partout CNN, CCTV, Al Jazeera ou Russia Today.  Quelle triste perte d’influence…

J’ai appris que ce qui fera à l’avenir le mieux rayonner la France au-delà de l’image d’Epinal, ce sont les Français eux-mêmes. Pas une région, même reculée, sans SON Français, installé ici. Que ce soit au fond des Galapagos sur une île presque inhabitée, au bout de la Patagonie ou dans une petite guesthouse aux Philippines. Des Français partout, partout. Pas par rejet de la France ou juste par opportunité économique (nous n’étions pas en Suisse…) mais par choix de vie. Même curiosité intellectuelle chez les voyageurs français que nous avons trouvés nombreux tout au long de notre parcours. Censés être les plus mal élevés hors de chez eux, nous avons au contraire trouvé qu’ils étaient souvent très ouverts et respectueux de la vie locale, plus débrouillards que la moyenne.

Bon allez, je le garde mon pays, au moins pour les Français ! Mais pitié, au moins une chose facile à faire et qui nous permettrait de rattraper notre retard sur (presque) le monde entier : arrêtons de faire la gueule !

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Le TOP 4 des pires vannes de Nicolas « Roucas » Sarkozy

urlOn le sait, Nicolas Sarkozy a choisi de masquer son retour raté par des one man show de plus en plus trash et pathétiques. Tout rire est bon à prendre, d’autant plus s’il est gras et s’il se fait au détriment des autres. Entre les sempiternelles blagues sur Carla, il a quand même le chic pour les moments gênants… Petit aperçu des vannes qui m’ont le plus marquée, mais il y en a sûrement d’autres !

La blague d’hier sur les migrants fait réagir et c’est heureux  « Le réparateur arrive et dit, j’ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants »

Pour plaisanter au sujet de ses « affaires » il se dépeint en délinquant, comme l’avait montré le Lab ici « Si demain il y a une agression à (choisir la ville), c’est vai que j’étais à (ville), mais c’est pas moi! »

Sur Fukushima running gag là encore : « Certes, Fukushima c’est un tsunami, je n’avais pas conscience avant de venir ici, que la Loire était en risque de tsunami immédiat sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux à moins que Fessenheim, en Alsace, soit sous le risque d’un tsunami venant du Rhin. »

Mais ma blague « préférée » reste celle – ci : « Je n’ai pas menti aux Français » Palaiseau, 16 mars 2015

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J’ai lu pour vous les motions PS

ImprimerEn toute logique, vu que j’avais lu pour vous les contributions socialistes, me voici à lire les motions que les militants devront départager dans le cadre du Congrès de Poitiers. Alors, vous signez laquelle ?!

 

 Motion AMotion BMotion CMotion D
NomRenouveau socialisteA gauche pour gagner !Osons un nouveau pacte citoyen et républicainLa fabrique socialiste
Premier signataireCambadélisPaulFlorence AugierBerger
Impôtsprélèvement à la source pour l'IR, barême progressif de la CSGprélèvement à la source pour l'IR, barême progressif de la CSGFusion IR/CSGFusion IR/CSG, fiscalité écologique, lutte contre fraude fiscale avec mise en place d'un cadastre financier européen, impôt sur le capital au nivreau européen
CICE et pactefaire un bilan, droit de regard des élus du personnel sur l’utilisation du CICEréorientation pour mieux cibler les entreprisesréorienter vers les PME
Pouvoir d'achatrefuser tout gel de prestations sociales, revoir la fiscalité du patrimoinerevalorisation du smic, dégel du point d’indice des fonctionnaires,ouverture du RSA et de la CMU aux moins de 25 ans
revalorisation des minima sociaux, revenu minimum universel, sans condition d'âge
Désignation 2017primaireprimaireprimaire
Démocratiedroit de vote des étrangers, droit d'amendement citoyen, réduire le nombre de parlementaires et dose de proportionnelle aux législativesdroit de vote des étrangers, 6ème république,droit de vote des étrangers, vote obligatoire, compter les votes blancs, diviser par deux sénateurs et députés, dose de proportionnelledroit de vote des étrangers, 400 députés, limitation du cumul dans le temps à 3 mandats (2 exécutifs), droit d'amendement citoyen
Parti socialistecréation de « structures associées » (observatoires citoyens, comités de vigilance, clubs de réflexion,Interdire le cumul entre élu national et responsable dans les instances nationales du PS, limiter taille des sectionsvente de Solférino, réduire les strates
Travail/emploicompte personnel d’activité professionnelle, meilleure information des salariésreconnaître le burn out comme maladie professionnellenouvelle campagne de 150 000 emplois d’avenir 2015-2017syndicalisation automatique
Ethiqueinéligibilité à vie de tout élu condamné, interdire micro-parti, diviser par 2 députés et sénateursquitus fiscal pour les élus, décla d'intérêts pour dirigeants PS, référendum révocatoire pour les élus condamnés
FamillesAllocation familiale dès le 1er enfant, ouverture de la PMA a toutes les femmes, création d'un service public des maisons de retraite
UETTF, union bancaire à renforcer, programme transcontinental d’investissements pour la nouvelle croissanceTTF, abandon immédiat des négociations TAFTATTF, abandon immédiat des négociations TAFTATTF, rachat des dettes par BCE, abandon immédiat des négociations TAFTA, IS Européen, listes transantionales des listes aux européennes
Collectivitéspacte de solidarité avec l’Etat qui doit intégrer l’investissement productif qu’elles soutiennent, plus de péréquationfin de la baisse des dotations aux collectivitésGel de la baisse des dotations
Santérééquilibrage de l’installation des médecins dans les zones sous dotéesrémunération au forfait pour les médecinsaffectation transitoire pour médecins qui s'installent, rémunération au forfaitguichet unique pour le tiers payant généralisé, révision totale des franchises médicales
Egalité des chancesclass action pour les discriminations, service républicain universel, régulation du Net dans le cadre des valeurs et de la loi républicaines"Plan République" pour cibler les quartiers qui en ont le plus besoinInstaurer un service civil citoyen au service de la communauté pour tous les Françaisclass action pour les discriminations, multiplier par 4 le budget politique de la Ville
Ecoleplus grande autonomie pour les enseignants, refonte de la carte scolaireaugmentation de 30% du budget de l'éducationcarte scolaire stricte
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Ce que Jean-Marc Ayrault a à nous dire

LUNDI EN HISTOIRES

Quand il y a un an Elise m’a fait part de son projet de documentaire sur l’après Matignon de son père Jean-Marc Ayrault, j’étais plutôt dans l’expectative. Connaissant son admiration pour lui et la complicité qui les unit, l’écueil d’un projet trop personnel ou trop dans le pathos me semblait difficile à éviter. Et pourtant, quelle réussite au final ! C’est beau, touchant mais aussi parfois drôle, et surtout ça a une consistance politique inattendue. On est face à un OANI (Objet Audiovisuel Non Identifié), qui a rencontré les faveurs de la presse, ici ou . Vous pourrez voir « Mon père ce Ayrault » lundi 13 avril à 22h25 sur France3, telle une clé de lecture indispensable à une histoire encore très récente et souvent injustement présentée.

Sur ce même blog, j’avais écrit au départ de Jean-Marc Ayrault « Il a des qualités qui n’en ont certes pas fait le Premier ministre le plus emblématique de la 5ème, mais qui suffisent à faire croire encore en la parole politique. Je parie qu’on l’entendra dans quelques mois : JMA sera regretté.« . Il a fallu en effet très peu de temps pour cela. Départ immédiat d’EELV du gouvernement, montée en puissance des frondeurs, échos de relations tendues comme cette ministre en pleurs au conseil des ministres… La méthode Ayrault marchait car elle respectait, écoutait et reposait sur une loyauté absolue, ce qui ressort bien de l’entretien d’Elise avec François Hollande. Les couacs ? Ils sont inévitables quand « on » donne des consignes aux ministres par SMS dans le dos du premier d’entre eux, quand « on » lui refuse le gouvernement resserré dont il a besoin, quand « on » laisse des conseillers se prendre pour des ministres (en l’occurrence Emmanuel Macron pour Florange). Si les difficultés du début de quinquennat étaient écrites, elles ne l’étaient pas par celui qu’on croit. De tout ça, Jean-Marc Ayrault en parle dans le documentaire. Sans colère ni amertume, il dit enfin ce qui devait être dit, et qu’il n’aurait vraisemblablement dit qu’à Elise. Et nous, on comprend beaucoup, beaucoup de choses.

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Pourquoi voter dimanche ?

1. Pour que les petites mains des bureaux municipaux (comme moi) ne passent pas leur journée à s’ennuyer sans personne à faire voter. Encore plus vrai le 29 mars quand on se prendra en plus le passage à l’heure d’été !

2. Parce qu’après des décennies, on vient enfin de comprendre que les élections cantonales devaient s’appeler « départementales ».

3. Pour le plaisir de faire mentir les sondeurs qui disent que vous ne vous bougerez pas.

Le Monde s’est fendu d’une très bonne petite vidéo qui explique en quelques minutes comment fonctionne ce scrutin.


Comprendre le scrutin des départementales en 5… par lemondefr

image

Et sinon plus précisément, il y a de très bonnes raisons de voter socialiste en Seine-et-Marne. Cela nécessite quand même de prendre 2 minutes pour comprendre les compétences du Conseil Général aujourd’hui et voir ce qui a été fait depuis l’arrivée de la gauche en 2004. Pêle-mêle :

100 collèges sur 127 déjà équipés de Tableaux Numériques Interactifs. 100% le seront en 2016.

Transports scolaires gratuits pour 40 000 collégiens, le 77 est le seul département francilien à le faire.

6,3 M€ par an dédiés au développement économique dont 500 000€ pour l’ESS.

2100 places en crèches créées depuis 2004.

36 M€ pour le maintien à domicile des personnes âgées.

-12 % de baisse de la dette par habitant depuis 1998 sans hausse d’impôts depuis 3 ans !

167 M€ seront consacrés au Très Haut Débit pour tous entre 2015 et 2020.

3000 associations aidées chaque année.

Et plein d’autres choses encore ! Alors dimanche, prendre 10 minutes pour voter pour la majorité départementale, ça vaut le coup non ? 🙂

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Candidats FN aux départementales : le musée des horreurs

 

timthumb.phpLe FN new génération, plébiscité il y a peu par Roger Cukierman et en tête des sondages pour les prochaines élections départementales a-t-il vraiment changé ? C’est en découvrant que la candidate FN de mon canton de Torcy avait tenu des propos abjects -et qu’elle resterait candidate- que je me suis demandée combien de fois cette situation s’était reproduite. Je tente donc un petit inventaire non exhaustif  des candidats investis et confirmés  par le FN malgré des propos clairement racistes. Une remarque : la quasi totalité des faits reprochés se sont produits sur les réseaux sociaux, ce qui signifie que ces gens ne comprennent pas la portée de ces outils et laisse songeur quant à ce qu’ils se permettent dans la vraie vie…

[NB : les sources viennent soit de la PQR, soit de recensement ponctuels de médias en ligne ; dans ma grande malhonnêteté, je mets sur le même plan ceux qui ont avoué, ceux qui minimisent leurs propos et les rares qui les nient ; merci de compléter dans les commentaires et j’ajouterai à la liste ! ]

Chantal Clamer, candidate dans l’Ariège : en janvier 2014, elle tweete les messages suivants «l’Islam et les Mahométans sont la nouvelle peste bubonique du 21ème siècle. A combattre à éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles »

Elie Quisefit, candidate à Narbonne : on retrouve d’anciennes publications de 2012 sur son compte Facebook dont « il y a des battues contre les sangliers… contre les loups… contre les lynx… Et si on organisait plutôt des battues contre les Arabes on sauverait peut-être la France ! »

Fabien Rouquette, candidat à Narbonne : sur son Facebook ouvert au public, message d’août 2014 « Socialistes, communistes, musulmans ! Faites un geste pour la terre : suicidez-vous »

Thierry Brésolin, candidat remplaçant du FN dans le canton de Teil (Ardèche) publie une croix gammée sur son compte Facebook avec le commentaire « Marine, tu es la réincarnation d’Hitler. Toi, tu vas nettoyer la France, on compte sur toi ! »

Alexandre Larionov, candidat dans le canton Causse-Comtal (Aveyron) : sur son compte Facebook, en août 2014, il avait multiplié les propos injurieux envers les Juifs, il avait même appelé au meurtre en souhaitant leur destruction « une fois et pour toujours ». Il est poursuivi pour incitation à la haine raciale

Xavier Sainty, candidat à Savigny dans l’Allier, estime que sa carrière de chanteur-auteur-compositeur ne décolle pas à cause du lobby juif « Voilà comme nous sommes traités par ces gouvernements depuis des décennies nous les ‘goys’, vivement une vraie révolution française pour nous soutenir dans notre avenir »

Corinne Mossire, candidate à Mâcon, a partagé sur son compte Facebook en 2014 les propos de Xavier Sainty et d’autres publications sur le complot juif ou sur les musulmans « deux mille ans de retard et une religion aveugle font de ces peuples des condamnés pour l’éternité »

Sophie Touvron candidate chez moi à Torcy en Seine-et-Marne : sur son Facebook au printemps 2014 des publications anti-musulmans. Explosion suivie d’un incendie dans une boucherie halal assorti du commentaire « TROP BON… » et autres publications racistes

Mikaël Pinton, candidat dans le canton de Vitré, a partagé en 2013 un photomontage prenant pour cibles Dounia Bouzar et Pierre Bergé.

Jonathan Vivien, suppléant sur le canton d’Arras 2 multiplie les propos et images violents contre les Noirs et les Arabes sur son Facebook.

Antoine Ormain, candidat à Angers et membre du groupuscule Action Fançaise, est un habitué des tweets racistes. Compte @lysenfleur désormais privé. Exemple « Je demande solennellement aux Français d’origine étrangère de nous sauver une seconde fois. En rentrant chez eux »

Cyril Bozonnet, candidat à Aubervilliers tient ces propos sur son blog politique http://aubervilliers.over-blog.com/ « Grosso merdo, l’islam en France veut le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Et il y en a encore pour vouloir traiter avec des gens d’aussi mauvaise foi. »

Philippe Chevrier, candidat dans les Yvelines, cité dans un livre d’une journaliste infiltrée dans sa section en 2011 « Quand est-ce qu’on se l’emmène la Forrest ? On la met à poil, on l’attache à un arbre, on se la prend, on met des cagoules, on va avec la Fourest en forêt de Rambouillet et on la laisse. »

Jacques Coutela, candidat dans l’Yonne, avait été suspendu en 2011 par le FN pour avoir posté sur son blog un texte faisant l’apologie d’Anders Breivik : « résistant » « une icône » « le premier défenseur de l’Occident »

Frédericka Desaubliaux, candidate dans l’Aveyron a partagé en 2014 sur son mur Facebook des publications de Génération Identitaire et écrit « les Arabes détestent la France » et « des milliers de musulmans rêvent de détruire la France »

Maxime Chaussat, candidat dans l’Ain, avait été condamné pour avoir en 2011 taggé un bâtiment avec « Islam dehors »

Pascal Bardin, candidat dans le Puy-de-Dôme condamné pour violence et injure raciales en 2014, pour avoir voulu renverses un Noir avec sa voiture. Il avait écopé de six mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins.

François Jay, candidat du SIEL à Bordeaux, a écrit l’été dernier un message Facebook sur le « grand remplacement » : « Nous avons tous notre part de responsabilité dans l’invasion que nous subissons…Nous ne rejetons pas assez fermement ceux qui nous en envahissent »

Gérard Brazon, candidat dans les Hauts-de-Seine, tweetait en 2013 « l’Islamophobie est un droit. Combattre l’islam est un devoir »

Denis Sourd, candidat en Haute-Garonne, a partagé il y a quelques jours sur son Facebook un dessin des Jeunesses nationalistes sur le grand remplacement, commentant d’un « triste réalité« .

Serge Laroze, candidat à Toulouse, avait sorti pour les municipales 2014 pour accompagner son programme électoral une grille de mots croisés humoristiques avec des définitions telles que « Quartier sensible, centre de recrutement du Djihad » pour un quartier de sa ville et « Fait fortune dans le rempaillage de chaises et le commerce du cuivre. » pour les Roms.

Frédéric Richou, candidat à Bordeaux, a partagé sur son Facebook il y a quelques jours une définition du « Niquetamère : animal en provenance du Maghreb » « F.R.A.N.C.E. : Fédération des réfugiés Arabes Nourris par les Caisses de l’Etat. » Il commente « très belle définition à méditer »

Roger Dohen, candidat dans le Pas-de-Calais publie en 2012 sur son Facebook  : «Le mariage = un homme une femme. Ils en veulent toujours plus ses PD.»+ messages racistes ponctuels

Gilles Ferriere, candidat dans le Pas-de-Calais écrit sur son Facebook en 2012 sur le mariage pour tous «La démocratie voudrait que tout le monde s’exprime et non une minorité pédophile »

Patrick Sokolowski, candidat dans l’Ain, déclarait dans une interview en 2013 : «Nos valeurs judéo-chrétiennes sont en train de disparaître de la ville. Je pense que dans six ans, ce sera Bellegarde la salafiste ou la djihadiste ! On peut aussi mettre un minaret sur la mairie. On est en train de brader la commune.»

Jean-Jacques Guitard, candidat dans les Alpes-Maritimes a écrit en janvier plusieurs tweets islamophobes comme celui-ci « L’angélisme envers l’islamisme même si l’islam de France doit en payer le prix. STOP!!! »

Jonathan Vivien, candidat remplaçant à Arras, écrit de nombreux messages racistes sur son Facebook. Pour «Algérien» : «Maladie mentale consistant à se promener avec un drapeau, brûler des voitures et crier “one two three, viva Algeria”».

Thierry Cumps, candidat Rassemblement Bleu Marine écrit sur son blog : «François Hollande en est convaincu : le socialisme est incapable de faire respecter les lois en France, seul l’islam en tant que force politique et pas seulement en tant que religion est capable de diriger notre pays.» Il existe selon lui «de nombreux signes quant à la volonté d’implanter en France un gouvernement islamiste modéré de type algérien ou marocain par François Hollande.» Comme celui de nommer une «marocaine musulmane Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’éducation nationale».

Jean-Marc Buccafurri, candidat en Seine-Saint-Denis : nombreux dérapages sur ses comptes Facebook et Twitter. Il traite notamment Najat Vallaud-Belkacem de « pute à PD LGBT soumise » ou écrit « L’homosexualité n’est pas une norme, c’est une déviance« .

Patricia Bresson, candidate remplaçante en Indre-et-Loire : plusieurs messages Facebook après les attentats de Charlie Hebdo dont « Hollande a été élu par ces rats à qui il donne l’asile les logements et les allocs pendant que les Français grattent chaque jour pour y arriver »

Marie-José Dussaucy, candidate dans les Pyrénées-Atlantiques: elle partage sur son Facebook de  nombreuses publications racistes dont celle-ci : « Vos grands-parents se sont battus afin que vous ne soyez pas allemand… battez vous pour ne pas devenir arabe »

Damien Hameau-Brielles, candidat en Mayenne, parmi plusieurs publications racistes sur son compte Facebook, publie une photo de lui-même pointant une arme à feu sur la tempe d’une marionnette à l’effigie du Président de la république.

[signalé par @JeanYvesCabon] Jean-Christophe Vee, candidat remplaçant dans l’Yonne, a laissé son profil Facebook en libre accès, et laissé ses nombreux dérapages racistes visibles. « Comment savoir où Taubira est passé ? Suivre les bananes » et autres  atrocités recensées ici.

 

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J’ai lu pour vous les contributions PS

 

ImprimerElles sont 27, les contributions générales qui ont été enregistrées lors du Conseil national d’hier. J’en ai lu une dizaine, signée des noms les plus célèbres. L’ensemble est assez inégal et peut sembler rébarbatif, certaines contributions alignant dans les 50 pages avec très peu de propositions. Mais des points sont intéressants. Ainsi, nombre d’entre elles, y compris celle de Jean-Christophe Cambadélis qui a vocation à rassembler, regrettent l’absence de réforme fiscale et posent la question de la modulation du CICE – ce qui apparaît bien comme les deux gros boulets de la première moitié du quinquennat.  Étonnamment, ou peut-être par volonté de tourner la page, très peu évoquent l’après- 11 janvier et avancent des solutions pour le vivre-ensemble.

Pour chaque contribution que j’ai arbitrairement sélectionnée, voici le nom, l’initiateur, les principaux signataires, quelques phrases évocatrices et des propositions. Cela est bien sûr éminemment subjectif, donc n’hésitez pas à compléter dans les commentaires.

Cambadélis et le secrétariat national « Unir pour faire vivre la République ».
« S’inspirant de la démarche du Conseil national de la Résistance, il s’agit de conduire et de réussir les chantiers de l’égalité en mobilisant la société, et de poursuivre, cela va de pair, l’effort engagé pour le redressement de l’appareil productif, l’écologie, la modernisation et la pérennisation de l’Etat social, la fraternité laïque. Pour y parvenir, nous faisons de l’unité le maître mot des années qui sont devant nous. ». « Nous regrettons qu’une ample réforme fiscale fusionnant la CSG et l’IR n’ait pas été mise en œuvre »
Propositions : TTF d’un haut niveau en Europe, programme transcontinental d’investissement, fusionner à terme les dispositifs d’abaissement du coût du travail sous forme d’allégements de cotisations et mieux les cibler pour les entreprises qui en ont un réel besoin, ouvrir le CICE aux entreprises du secteur non lucratif et de l’ESS, création d’un compte social professionnel, ouvrir le chantier du prélèvement à la source dès le projet de budget pour 2016. Il propose aussi un droit d’amendement citoyen, défendu par Olivier Faure dans une contribution thématique.

Vive la gauche « Le choix de l’espoir ».
Hamon, Filippetti, Romagnan, Carrey-Conte, Paul, Baumel, Lienemann, Maurel, Guedj.
« mettre en œuvre des politiques en rupture avec le modèle néolibéral, qui a démontré ses failles et ses impasses»
Propositions : réforme fiscale avec une CSG progressive, nouvelle loi bancaire, réforme de la fiscalité du patrimoine, fin du 49-3 et du droit de dissolution, droit de vote aux étrangers aux élections locales, limiter dans le temps le cumul des mandats.

Maintenant la gauche « Le sursaut républicain, un coup de jeuner pour le socialisme ».
Lienemann, Maurel, Guedj
Propositions : moratoire sur le pacte de stabilité, refaire une loi de séparation bancaire, revalorisation des salaires et minima sociaux, allocation autonomie universelle pour les jeunes, grande réforme fiscale, loi-cadre pour le remboursement des aides publiques indues

Un monde d’avance « L’optimisme de la volonté »
Hamon, Filippetti, Emmanuelli, Cherki
« Le réalisme ce n’est pas chercher récompenses et satisfecit de ceux qui ont juré la perte de nos conquêtes sociales »
Propositions : revalorisation de la rémunération des enseignants, allocation d’autonomie pour les jeunes, grande réforme fiscale, ouvrir le RSA dès 18 ans, représentation des salariés dans les TPE, récépissé pour les contrôles d’identité, droit de vote des étrangers

Cohérence socialiste « Avec Cohérence socialiste, prenez parti »
Galut, Bachelay, Berger, Rabault, Capedevielle, Premat.
« Etre responsable, cela signifie d’abord et avant tout être en soutien en notre gouvernement » « Sur certaines promesses symboliques, nous nous sommes éloignés de cette parole donnée : réforme de l’impôt sur le revenu, droit de vote des étrangers, mise en place d’une taxe sur les transactions financières ou maintien des dotations aux collectivités territoriales. Cet éloignement a été à l’origine des déchirures à l’intérieur même du groupe majoritaire socialiste de l’Assemblée nationale » « Nous devons mettre fin aux contradictions entre notre discours et ce que nous votons à l’Assemblée nationale. »
Propositions : annulation de la baisse des dotations aux collectivités locales, fiscalité écologique, mise sous conditions et ciblage des aides (CICE Pacte de responsabilité)+ 5 contributions thématiques sur écologie, numérique, Europe, extrême droite et éthique.

« Pour réussir » de Martine Aubry
« Société du share, du dare et du care » « Nous nous engageons de manière claire pour permettre à François Hollande notre président de la République de réussir le quinquennat »
Propositions : grande réforme fiscale promise, fixer par la loi des contreparties aux 41 milliards du CICE et du Pacte de Responsabilité, instaurer la sécurité sociale professionnelle, recours à un référendum en juin 2016 sur la réforme constitutionnelle avec droit de vote des étrangers, service civique

Pôle des réformateurs « Inventer l’avenir »
Collomb, Caresche, Terrasse, Bricq, Blein, Baert, Doucet, Errante, Gagnaire, Goua, Habib, Iborra, Sueur, Touraine, Saugues, Tasca.
« Le logiciel socialiste a vieilli et il est urgent de le reformater pour tenir compte des réalités des temps présents.»
Propositions : généraliser la primo-adhésion à 20 euros, décentraliser le PS par région, créer des workshops thématiques, baisser la fiscalité du capital, aller vers une simplification administrative des licenciements, plus de flexisécurité, faire négocier les partenaires sociaux sur temps de travail, évolution des rémunérations, salaire minimum, contrats de travail

Démocratie et socialisme « Sauver le Parti Socialiste. Redistribuer les richesses d’abord ! »
Filoche.
«Grande motion unitaire et gagnante de tous les socialistes qui s’opposent à la politique de Manuel Valls »
Propositions : vraie réforme fiscale, vraie réforme bancaire, augmenter les salaires et les minimas sociaux, hausser le SMIC de 10 %, régulariser les sans-papiers

Oser la gauche citoyenne. « La Contribution Générale militante et citoyenne »
Elus locaux et militants anonymes
Propositions : limiter à deux le nombre de mandats électifs successifs, faire de chaque 11 janvier une journée pour célébrer la liberté d’expression, grande réforme fiscale, instaurer un impôt européen, Revenu Minimum Universel (RMU)

Après la phase des contributions vient le temps des motions, qui pourront être déposées jusqu’au 11 avril prochain. Alors, vous signez quoi ?

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TTF : le gouvernement rappelé à ses engagements par 140 députés PS

Oui c’est bientôt Noël, OK on doit se relâcher un peu. Mais pas après avoir protesté une dernière fois contre la frilosité de la France sur la taxe sur les transactions financières. Petit rappel de l’enjeu : 6 000 milliards de dollars s’échangent quotidiennement sur les marchés financiers. En 1972, l’économiste James Tobin propose une taxe sur les transactions de change pour gérer la volatilité des taux de change. Cette idée renaît dans les années 1990, puis trouve de l’écho en France grâce à ATTAC qui veut l’élargir à toutes les transactions financières.

C’est un engagement des socialistes de longue date, puisque la mise en place de la TTF était déjà dans le programme de Lionel Jospin en 1995. En 2011 les députés socialistes déposaient en même temps que leurs homologues du SPD au Bundestag une proposition de résolution en ce sens. Lors de la campagne présidentielle, en réponse aux ONG, François Hollande candidat disait « souhaiter une action coordonnée au niveau européen pour imposer l’ensemble des transactions, y compris donc les produits dérivés. La proposition du Parti socialiste européen de fixer cette taxe à 0,05% devra servir de base aux discussions avec nos partenaires » Il reprend cette idée dans ses 60 engagements.

La Charte des Etats Généraux adoptée il y a quelques semaines évoque le sujet dans la partie « humaniser la mondialisation » « Réguler le capitalisme pour le maîtriser, c’est combattre les paradis fiscaux, sanctionner les territoires non coopératifs et les banques qui y mènent des transactions et dérogent à leurs obligations déclaratives, instaurer un impôt mondial sur le capital et une taxation des transactions financières dont les produits iraient au développement des pays les plus pauvres et à la préservation du climat. »

Depuis aout 2012 la TTF est appliquée en France. Elle s’élève à 0.2% sur les opérations d’achat en bourse portant sur des titres de capital ou assimilés des sociétés de droit français dont la capitalisation boursière au 1er janvier 2012 dépassait 1 milliard d’euros.

Parallèlement les choses avancent trop timidement au niveau européen, qui est pourtant le niveau critique pour ce genre de projet. En mars 2011, le Parlement européen vote le principe d’une taxe sur les transactions financières. Un an plus tard, onze chefs d’Etats européens, sur proposition de François Hollande, annoncent leur volonté d’instaurer une taxe européenne sur les transactions financières grâce à une procédure de coopération renforcée : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie.

On savait la route sinueuse et étroite. On ne savait pas que la France elle-même allait savonner la planche. Depuis quelques semaines, Michel Sapin fait une contre-proposition a minima, consistant à ne taxer que les actions et certains CDS (des contrats d’assurance contre le défaut de paiement d’une valeur), ce exclut de fait 97% des produits dérivés ! Il reprend en cela les réserves de la Fédération Bancaire Française. La même FBF qui accueille depuis peu un nouveau collaborateur en la personne de Benoit de la Chapelle, ancien responsable des affaires financières et monétaires au sein de la représentation permanente française auprès des institutions européennes (on rit ou on pleure ?)

Conséquence logique de ce manque d’ambition : la semaine dernière, suite à la réunion des ministres EcoFin, les ministres des 11 pays participant à cette coopération renforcée se séparent sans accord et sans avoir fixé de nouvelle date pour les discussions. Ils ne sont d’accord ni sur l’assiette, ni sur le lieu de taxation (le lieu d’émission des titres ou celui où a lieu la transaction), ni sur l’affectation du produit de la taxe.

On est donc très mal partis. Le SPD a même écrit aux députés socialistes français pour s’étonner de la position de la France et rappeler qu’ « il est essentiel que tous les dérivés soient inclus car le trading international de dérivés a désormais atteint un volume d’environ douze fois le PIB mondial »  La honte quoi !

C’est dans ce contexte que plus de 140 députés, emmenés par Christophe Castaner et Olivier Faure, écrivent au Premier ministre pour lui rappeler notre ambition et  l’engagement des socialistes. Allez, si on ne devait avoir qu’un cadeau de Noël…

courrier PM TTF 1 courrier PM TTF 2

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